forum bouddhisme & dépendance

Bouddhiste ou bouddhistes ? La mode du bouddhisme en Occident révèle-t-elle une nouvelle forme subtile de dépendance ? Certaines pratiques de bouddhisme occidentalisées, en particulier de bouddhisme tibétain, peuvent-elles se révéler addictives ? Forum.
 
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 DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?

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Le bouddhisme est-il addictif ?
NON, il est libérateur !
54%
 54% [ 7 ]
OUI, certaines formes dévotionnelles créent une nouvelle dépendance...
46%
 46% [ 6 ]
Je ne sais pas.
0%
 0% [ 0 ]
Total des votes : 13
 

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Im
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MessageSujet: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Lun 27 Juin - 15:57

La mode du bouddhisme en Occident révèle-t-elle une nouvelle forme subtile de dépendance ? Question elephant



Libérateur, apaisant, bienfaisant, bienveillant : le bouddhisme dispose d'une excellente image en Occident, où son implantation est récente. Il y a cependant plusieurs bouddhismes et certaines formes plus dévotionnelles ou répétitives sont aujourd'hui mieux comprises. En particulier on se demande désormais si le tantrisme bouddhique ne pourrait pas, ici ou là, comporter des dimensions addictives. Sa pratique loin de libérer des "attachements" serait-elle en fait dans ces cas une nouvelle forme de dépendance, plus subtile, mais aussi plus insidieuse ? Nous ne prétendons pas donner de réponse simple à cette question plurielle. Et le débat est ouvert. Good alien


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Alexandre
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MessageSujet: Ce débat est en effet nécessaire !   Lun 27 Juin - 16:46

Je vous remercie de lancer ce débat nécessaire. Les sites sur Internet semblent surtout être issus d'initiatives de sympathisants. Il est difficile de se faire une opinion objective ! Ce forum peut contribuer à remettre la réflexion et l'expérience au coeur de ces questions !


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Alexandre
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MessageSujet: Quels sont les sites à l'étranger sur ces sujets ?   Lun 27 Juin - 20:33

Pourriez-vous indiquer les sites américains, anglais et allemands que vous évoquez dans la présentation du forum sur la page Accueil ?


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Im
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Lun 27 Juin - 20:57

Vous pouvez explorer à votre convenance ces quelques sites :

http://www.trimondi.de (en allemand et anglais, avec des traductions de plus en plus nombreuses en français) study

http://www.american-buddha.com/site.map.htm#SITE%20MAP (en anglais)

http://notes-de-lecture.blogspot.com/ (une page de notes de lectures que j'ai rédigée en français et qui contient le lien vers le livre en ligne des époux Trimondi "l'ombre du dalaï lama" en anglais) thumleft

http://www.flameout.org/flameout/gurus/ (un site de référence en anglais sur les dérapages des gourous et maîtres à penser, y compris dans le tantrisme bouddhique...)

http://www.bouddha.ch/ (un très intéressant site francophone d'un moine zen suisse, sans langue de bois) thumright

http://encyclopedie-du-bouddhisme-1.blogspot.com/ (un essai autographe écrit récemment sur ces questions, texte intégral en ligne, en français, la version PDF peut également être téléchargée partir de ce lien.)

study En espérant que ces informations vous seront utiles...

Cordialement à vous,


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Mika
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mar 28 Juin - 17:01

Bonjour Im et salut à tous,

Concernant la thématique du post je pourrai éventuellement y apporter ma modeste contribution, donc je me lance.

Je ne pense pas que la dépendance soit une composante propre au bouddhisme, on retrouve cela dans de nombreuses voies spirituelles, ce qui n'est pas loin d'un certain fanatisme. La dépendance sur le plan psycho-spirituel s'apparente à un besoin du Moi, de l'ego en vue d'un objet d'amour lui apportant un réconfort, un plaisir. Curieux donc de mêler dépendance et bouddhisme, sachant quel sort réserve celui-ci à nos egos déformés par une société qui renie la valeur spirituelle de l'être.

Mais pourtant, cela existe et j'en ai vu des méditants "chevronnés" être dépendants de leur pratique, faire Zazen dès qu'ils avaient une petite contrariété, voir fuir carrément les relations interpersonnelles dans la méditation, car celles-ci étaient demeurées ingérables pour un moi immature. Dans l'autre extrême il existe aussi ceux qui sont dépendants de l'indépendance psycho-affective qu'autorisent certaines formes de non dépendance du bouddhisme et qui se réfugient en haut de leur montagne, ce qui n'est qu'une fuite vers l'avant, pas loin du drogué au fond.

Tout ceci, n'est pas évident, car bons nombres d'occidentaux croient que le bouddhisme sera leur nouvelle voie de salut. Déçus par les religions occidentales, ils pensent que le bouddhisme comblera leurs insatisfactions, leur manque de discernement et leurs blessures narcissiques. Certes, le bouddhisme est une puissante voie de développement transpersonnelle de l'humain, mais il convient de prendre du recul vis à vis de l'enthousiasme des premiers temps et comprendre que la connaissance de soi ne peut se construire qu'en adoptant une attitude lucide et un discernement sans faille afin de ne pas tomber dans les pièges qui jalonnent tout cheminement spirituel authentique.


Fraternellement, Michael.
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mar 28 Juin - 18:02

Bonjour Mika,
Tu élèves donc le débat sur les terres du paradoxe. Si je te lis bien, même des méditations sans support dévotionnel ni visuel comme le zen peuvent être (ou non d'ailleurs) vecteurs de dépendance.
C'est une idée intéressante en effet : tu montres le paradoxe de la méditation qui devient un recours obligé, indispensable. Boulet La personne, selon toi, peut même se détourner de situations réelles et des relations avec les autres pour faire son zazen. Le remède devient en quelque sorte une contrainte, un peu comme les personnalités obsessionnelles qui ont recours à toutes sortes de petits rituels avant chaque action. jocolor
Ce sera intéressant si des pratiquants du zen interviennent, ils seront les bienvenus pour nous dire ce qu'ils pensent de cette observation iconoclaste.

Ta remarque sur l'enthousiasme des débuts est également à prendre avec tout le sérieux qu'on lui doit : c'est un moteur de certaines communautés qui renouvellent fréquemment leur effectif de bénévoles, stagiaires pratiquants et autres travailleurs sans gages (et peut-être sans déclaration à l'urssaf ?). Que deviennent les adeptes après l'enthousiasme des débuts, s'investissent-ils autant ? S'investissent-ils autrement ? Connaître les réponses à cette question nous permettrait de comprendre comment fonctionne l'adhésion des nouveaux sympathisants, puis des adeptes de plus longue date, et peut-être d'envisager une dépendance (ou une indépendance) évolutive dans le temps...

Cordiales pensées,

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Mika
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mar 28 Juin - 18:37

En effet et tu sais de quoi tu causes, tu en as l'expérience ;-)

Cela pose aussi la question du phénomène de conversion, cela m'a toujours un peu étonné de voir à quel point les gens s'empressent de se "convertir" comme ils le disent au bouddhisme, mais cela a-t-il un sens authentique ? L'appartenance, l'identification n'est-elle pas un leurre de l'ego ? Comme le disait Pierre Lévy dans son livre "le feu libérateur" :

"Tu n'as rien à prouver, ni à toi ni aux autres. Cesse de te demander qui tu es. L'identité est un joug : on ne peut te manipuler que parce que tu as une image de toi-même. L'identité est une prison."

Qu'est-ce que l'on convertit au fond puisque notre nature originelle est vierge de tout conditionnement humain, elle EST, au delà des voiles de l'ego qui crée une identité pour se donner une consistance, pour toujours se protéger derrière celle-ci comme un dernier rempart à son manque de lucidité spirituelle.

Le nouveau bouddhiste qui a laissé son christianisme familial, par exemple, n'a t-il pas changé de masque, de persona comme disait Jung. Mais le fond est-il réellement intégré ?

Fraternellement, Michael
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MessageSujet: Ton message Mika pose la question d'une persona bouddhiste   Mer 29 Juin - 0:04

Mika, sunny Tes messages posent de nombreuses questions intéressantes, en particulier le dernier, avec cette idée que pour certains nouveaux adeptes de la religion bouddhiste (ne généralisons pas), il y a aussi un statut, une identité apparente, à affirmer et à maintenir. Tu penses que parfois l'affirmation d'une "personnalité bouddhiste" a ses couleurs et ses qualités mais qu'elle est aussi une pose, une expression de l'ego, un masque social (persona). Attention toutefois à ne pas tomber dans le piège de la discrimination sur la base de l'appartenance religieuse, et à rester dans l'examen attentif et bienveillant des pratiques sociales.
C'est une interrogation essentielle, car on sait à quel point nos contemporains et nous-mêmes sommes accrochés au maintien de notre image sociale, de nos accessoires en somme.
Certains styles de vie qualifiés à tort sans doute de "bouddhistes" seraient-il eux aussi un costume de l'ego, un habitus !? Et certains adeptes (sans généraliser, ni discriminer) de cette persona bouddhiste lui seraient-ils tout aussi attachés que nos concitoyens le sont à des images statutaires plus répandues ?
Une dépendance ordinaire en somme ? [Ce sont sans doute les plus tenaces...]
Mais alors est-ce si grave, est-ce un sujet particulier de préoccupation, si après tout de nouveaux adeptes du styles de vie bouddhistes ne sont ni plus ni moins égocentrés que leurs contemporains ?

Arrow La question qui vient alors est la suivante : le fond lui-même de cette pratique (puisque tu utilises ce terme) peut-il parfois constituer une autre dépendance plus profonde (sans généraliser) ? Cette recherche complexe de sagesse, vacuité, compassion, félicité, par la méditation et les pratiques rituelles est-elle alors devenue addictive ?
Est-elle addictive telle quelle ? Ou est-elle addictive dans le contexte d'une crispation et d'une recomposition communautaires, dont on découvre aujourd'hui qu'elles touchent aussi divers nouveaux mouvements religieux, dont certains se trouvent être "bouddhistes" (épinglés dans le rapport parlementaire Vivien-Guyard de 1995 par exemple) après la disparition d'une ancienne génération d'enseignants asiatiques authentiques ?

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MessageSujet: Re: Ton message Mika pose la question d'une persona bouddhis   Mer 29 Juin - 10:46

Salut,

Im a écrit:

Mais alors est-ce si grave, est-ce un sujet particulier de préoccupation, si après tout les nouveaux adeptes du style de vie bouddhiste ne sont ni plus ni moins égocentrés que leurs contemporains ?

Cela m'apparaît préoccupant concernant le bouddhisme, en occident, mais aussi en orient d'ailleurs, car à mon sens nombre d'écoles se sont éloignées du bouddhisme du Bouddha, comme il en a était avec l'enseignement du maître Jésus d'ailleurs. On a transformé en religion ce qui à la base ne souhaitait pas en être une, en occident, lcertains news-bou (converties bouddhistes occidentaux) pensent que le bouddhisme sera leur planche de salut, ils s'y accrochent comme ils l'auraient fait avec le christianisme, c'est en cela que l'on fossoie l'enseignement authentique du Bouddha (cf Kalamas Soutra). Oui les nouveaux adeptes ne sont ni plus ni moins égocentrés que les autres, mais alors là on dilue le bouddhisme de son essence, au nom du fait que peu soit capable de compréhension abrupte, on fait perdre de sa saveur à une voie de transformation spirituelle majeure de l'histoire humaine. C'est cela ce que je reproche aussi aux instances officielles du bouddhisme en France, on crée des Sangha, tout un folklore, les gens s'y conditionnent et oublis le réel. Ils changent de masque et tout va bien, mais à mon sens ce me gêne fortement de voir comment le bouddhisme devient à force de dilution adaptive une doctrine d'amour plate exotique.

Fraternellement, Michael
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MessageSujet: Ton post pose la question de la dépendance religieuse   Mer 29 Juin - 11:02

Bonjour Mika, nouvelle question avec ton post : la dépendance religieuse. C'est en effet une thèse souvent soutenue par les mouvements de la laïcité (et je sais que tu étudies la rencontre du spirituel et du laïc) qui reprochent aux religions d'être un opium du peuple, de les assujetir avec de belles paroles d'espérance, des fumées d'encens et de beaux chants. clown En étant devenu une religion le bouddhisme-t-il pris lui aussi ce travers (si tant est que ce soit un travers) d'autres églises ?

Tu présentes aussi une autre facette de cette question : celle de la dilution et de l'adaptation, avec l'idée qu'en diluant le message authentique dans des formes rituelles ou sacerdotales on a diminué le caractère libérateur du bouddhisme (s'il existe) et augmenté les facteurs de dépendance religieuse. Peut-être cela déforme-t-il ton propos ?
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Mika
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mer 29 Juin - 11:29

Oui, c'est en effet ceci que j'ai tenté d'exprimer, je n'ai rien contre le folklore quant il n'est pas pris pour l'essence. Les rituels bouddhiques peuvent être un moyen pour accéder à un état moins conditionné, ils ont un sens, mais ils ne doivent pas être pris pour une fin. Il faut voir la mode bollywood et toutes l'imagerie hindo-bouddhique qui se vend, les petites statues, les bibelots, les symboles et autres, je ne rien contre lorsque ceux-ci sont pris comme des supports symboliques nécessaires à l'intégration de concepts spirituels. Mais il semblerait que certains pratiquants ne comprennent pas la stance célèbre : "Si tu vois le Bouddhas, frappe le !" car la vérité demeure non-manifestée, si elle l'est, ce n'est déjà plus la vérité car elle a été figée par le mental.

Comme il ferait du bien au bouddhisme occidental de relire les écrits iconoclasties d'un Mazu ou d'un Lin Tsi. De se ressourcer à la parole abrupt d'un Hui Neng ou accéder au joyaux (non perverti par le fric) du Dozgchen, mais où sont les maîtres authentiques ???

Fraternellement, Michael
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mer 29 Juin - 16:00

Oui, où sont passés les enseignants authentiques ?

Par exemple dans le lamaïsme, les Dilgo Khyentse, les Dudjom, les Kalou, les Guendune ne sont plus là. Avec eux c'est une génération d'hommes discrets, humbles et stables qui s'en est allée.
Ils vivaient au contact personnel de leurs disciples et n'accordaient pas une trop grande importance à leur plan média !
Aujourd'hui les "réincarnations" qui les remplacent vont en avion d'un continent à l'autre, allant d'une centre communautaire à un chapiteau, résidant parfois dans des hôtels 5 étoiles luxe en lieu et place d'ermitage (comme le dalaï lama dans sa suite dupleix à l'hôtel Crillon, lors de sa récente venue à Paris).
Simultanément les avocats, les huissiers et les affaires, comme tu le suggères dans ton post ont pris le relai... ici ou là.

Pour le disciple le changement est de taille : en l'absence d'un enseignant stable, présent et surtout indiscutable, des communautés se sont repliées sur les rites, l'adhésion au discours, et des figures d'autorité peut-être moins désintéressées du pouvoir (car elles n'ont pas le charisme des enseignants de l'ancienne génération).

Les boutiques du dharma ont fleuri. Quand les ventes de souvenirs en stuc doré ne suffisent pas à équilibrer les comptes, on fait même appel dans certaines communautés à l'héritage des vivants, encourageant les adeptes à léguer de leur vivant leurs biens à ces nouvelles institutions culturelles.

Il est donc pensable que la dépendance du disciple soit parfois encouragée, cultivée puisque ce dernier est une ressource économique (par son travail bénévole, ses biens, ses donations, voire ses legs) qui doit être maintenue disponible, du moins tant que le disciple dispose de moyens matériels ou humains d'aider sa communauté.

Il y a donc là des raisons tangibles à promouvoir ici ou là (sans généraliser) discètement la dépendance religieuse des disciples. Quelque organisation "pragmatique" (je ne généralise toujours pas) a tout intérêt à l'entretenir, quitte à recomposer le groupe et à réinterpréter le discours de sagesse et ses canons. Parfois il suffit de quelques glissements de sens et le tour sera joué.

Le folklore, les bibelots, les moulins à prières électriques qui tournent tout seuls sont aussi, hélas, les signes que le contenu de l'enseignement à été réduit, faute d'un véritable dépositaire de sa pratique : un vieil enseignant, humble et capable, disparu depuis longtemps, et dont seul le souvenir continue d'exister.


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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mer 29 Juin - 16:06

Il reste encore un Namkhai Norbu Rinpoché par exemple qui essaye tant bien que mal de ne pas laisser filer le dzogschen dans les mains des publicitaires. Toi qui es plus à même de connaître la sphère bouddhiste internationale, qui reste t-il d'authentique au jour d'aujourd'hui ?
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mer 29 Juin - 16:17

Il se trouve que je ne connais pas le Dzogchen, et que de Namkaï Norbu je n'ai lu que les livres.
Qui reste-t-il ? Chez les bonnets rouges il y a le jeune Tennyin Rinpoché, qui vit je crois au Népal et qui a la charge du monastère de Tcheudrak dans le Kham. Il doit avoir quelque chose comme 25 ans.
Je coupe l'ordinateur car la foudre est en train de tomber à côté ! Quel fracas !


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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mer 29 Juin - 16:32

Oui et en Europe, en France ???
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mer 29 Juin - 16:43

Crying or Very sad J'ai réenclenché le disjoncteur qui avait sauté ! La foudre est assez forte sur ce coteau en général. Heureusement l'ordinateur est sur onduleur et dispose de quelques minutes d'autonomie quand ça disjoncte. J'ai eu peur pour l'audio, car il m'a semblé voir sortir un éclair par les ouies d'aération de l'ampli, Twisted Evil mais tout fonctionne à nouveau !

Tu me demandes si je connais des enseignants du bouddhisme exceptionnels (c'est à dire de la trempe de l'ancienne génération tibétaine par exemple) résidant en France aujourd'hui ?

Non, je n'en connais pas, Mika, et si les internautes ont des noms à proposer, ils seront bienvenus sur ce forum.... Rolling Eyes Tu en connais ?


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Mika
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Mer 29 Juin - 16:52

A Nice il y a le Dojo Zen de Roland Rech, ancien élève de Taisen Deshimaru, mais là encore il existe des controverses, à savoir si c'est une secte ou pas ? ...et sur l'alcoolisme de Deshimaru avant sa mort, mais, bon, Roland Rech me parait quelqu'un de sérieux. Sinon ailleurs, je ne connais pas...
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MessageSujet: vous avez dit "sectaire" ?   Mer 29 Juin - 17:00

Avec ton post arrive une question délicate : parmi ces nouveaux mouvements religieux bouddhistes occidentalisés certains ont-ils aujourd'hui des propensions sectaires ? Une notion relative mais qu'il faut aussi évoquer. affraid

Le rapport parlementaire sur les sectes de 95 en avait épinglé quelques-uns (une poignée). Ce document est toujours en ligne sur le Net. Il peut être consulté aisément et téléchargé également en PDF pour être consulté hors connexion [1180k]. Ce rapport souvent cité et qui a fait date n'était peut-être pas assez outillé ni spécifique. Il s'était contenté de reprendre les observations des forces de l'ordre, souvent suite à des plaintes, rapports repris et complétés par les services les Renseignements Généraux.

Une secte pratique la manipulation mentale, utilise l'état de sujétion physique ou psychologique des disciples, abuse de leur état d'ignorance ou de faiblesse. On voit que ce type d'accusation est grave, et c'est pour cela qu'en général on réserve cette étiquette infâmante aux communautés qui ont eu des problèmes avec la justice et pour lesquelles un verdict a été rendu.

La loi About-Picard de 2001 qui prévoit des peines pour l'abus de faiblesse ou d'ignorance sur des personnes en état de vulnérabilité devrait permettre d'y voir plus clair à l'avenir, en voici le nouveau texte extrait du code pénal :

CODE PENAL (Partie Législative)

Section 6 bis : De l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de faiblesse
Article 223-15-2

(Loi nº 2001-504 du 12 juin 2001 art. 20 Journal Officiel du 13 juin 2001)
(Ordonnance nº 2000-916 du 19 septembre 2000 art. 3 Journal Officiel du 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002)

Est puni de trois ans d'emprisonnement et de 375000 euros d'amende l'abus frauduleux de l'état d'ignorance ou de la situation de faiblesse soit d'un mineur, soit d'une personne dont la particulière vulnérabilité, due à son âge, à une maladie, à une infirmité, à une déficience physique ou psychique ou à un état de grossesse, est apparente et connue de son auteur, soit d'une personne en état de sujétion psychologique ou physique résultant de l'exercice de pressions graves ou réitérées ou de techniques propres à altérer son jugement, pour conduire ce mineur ou cette personne à un acte ou à une abstention qui lui sont gravement préjudiciables.
Lorsque l'infraction est commise par le dirigeant de fait ou de droit d'un groupement qui poursuit des activités ayant pour but ou pour effet de créer, de maintenir ou d'exploiter la sujétion psychologique ou physique des personnes qui participent à ces activités, les peines sont portées à cinq ans d'emprisonnement et à 750000 euros d'amende.


Il est probable que des familles porteront plainte plus facilement, de par une judiciarisation de plus en plus grande de notre société et de par l'existence de cette loi qui protège mieux les personnes des dérapages de gourous et de leurs acolytes. Par exemple une peine de prison de 3 ans avec sursis a récemment été prononcée à l'encontre du "maître à penser" dans une affaire de groupe spirituel "christique" ou "apocalyptique" (suicide d'un disciple, tentatives de suicides d'autres disciples). C'est la première fois que la loi de 2001 a été appliquée. Le jugement en appel sera prononcé début juillet 2005.

Avec le nombre important de groupes issus du bouddhisme, ou s'en réclamant, les effectifs de plus en plus importants cloîtrés dans des ermitages collectifs pour des durées de 3 ans et plus, il est probable que la loi de 2001 connaîtra des applications. Ne serait-ce que pour des raisons statistiques : plus de disciples entraîne probablement plus d'incidents.
J'espère que les choses n'en arriveront pas là, et ce forum existe aussi pour cela, pour apporter sa toute petite pierre dans l'édifice de la modération, de la prudence, de la tolérance et du "raison garder".

Mika, on est au coeur de la question de la dépendance avec ton post sur la "dimension sectaire ou non" de certains mouvements... La "secte" est précisément le dérapage le plus sérieux d'un nouveau mouvement religieux (n.m.r.) vers la dépendance instrumentalisée des disciples...

C'est parfois un sujet tabou chez des sympathisants du bouddhisme qui ne veulent pas en parler, ni voir les choses en face, le cas échéant. La politique de l'autruche ne durera qu'un temps, et il faut s'attendre à de que ce soit la société civile qui fasse le travail d'investigation dans ce domaine, à la place des intéressés eux-même qui préfèrent, certains du moins, le confort rasssurant de leurs mantras !


Il me semble qu'il doit être plus facile de trancher la dépendance vis à vis des pratiques de groupes sectaires, que celle qui naît de l'attachement spirituel et affectif envers de véritables enseignants du bouddhisme, naturellement plus fascinants. Comment se détacher de telles personnes humaines remarquables ? C'est sans doute beaucoup plus difficile pour un étudiant du bouddhisme de rester autonome et indépendant vis à vis de modèles.
Le vent de l'histoire a fait hélas disparaître la plupart des vénérables maîtres asiatiques authentiques aux tempes blanches en nos contrées occidentales, ce que nous notions déjà dans nos messages précédents (nous détromper si nécessaire par une réponse sur ce forum !), et la question de leur influence addictive ne se pose donc plus guère... Sad


Quels sont donc les risques de dépendance qui demeurent, nous en avons déjà envisagés plusieurs dans les messages précédents sans pour autant trancher, les réponses appartenant à chacun.
@ A vos claviers et à vos souris sur ce forum, pour "répondre"...


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Maître EYA
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Ven 1 Juil - 1:07

"Par exemple dans le lamaïsme, les Dilgo Khyentse, les Dudjom, les Kalou, les Guendune ne sont plus là. Avec eux c'est une génération d'hommes discrets, humbles et stables qui s'en est allée.
Ils vivaient au contact personnel de leurs disciples et n'accordaient pas une trop grande importance à leur plan média !
Aujourd'hui les "réincarnations" qui les remplacent vont en avion d'un continent à l'autre, allant d'une centre communautaire à un chapiteau, résidant parfois dans des hôtels 5 étoiles luxe en lieu et place d'ermitage (comme le dalaï lama dans sa suite dupleix à l'hôtel Crillon, lors de sa récente venue à Paris)."
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MessageSujet: Merci M.E. de votre amicale contribution au forum   Ven 1 Juil - 8:01

Oui, c'est très aimable à vous M.E. d'intervenir si discrètement et modestement dans ce forum en citant le passage d'un "post" consacré tant à la modestie de l'idéal bouddhiste qu'à la nécessité de l'expérience, et à la qualité de cette dernière.
Je voudrai faire rebondir ce débat sur "bouddhismes & dépendance" à partir de votre message en évoquant une histoire, ou plutôt un récit, à la manière hagiographique.

Nous disions précédemment que la dépendance la plus difficile à surmonter était celle que l'étudiant éprouve pour un véritable et authentique méditant.
La fascination du disciple ne connaît pas de borne puisque tant sa raison que son sentiment sont saturés d'un frémissement qui ne s'arrête qu'à la mort du maître, se muant alors en une douce et profonde nostalgie, comme pour la perte d'un être cher dont on se plaît à imaginer (comme Proust le fit) qu'il est toujours présent par l'édifice du souvenir.

C'est dans cette fusion du sentiment et de la conviction d'être en contact avec "the real thing", la chose réelle, que se densifie cette fascination à laquelle nous avons donné le nom de dépendance.
Et dans la mesure où le modèle d'autorité ne déçoit pas, c'est à dire dans la mesure où il est effectivement doté des qualités attendues de lui, ce frémissement du disciple devient immédiatement un puissant vecteur mais aussi une "drogue dure" dont il n'est pas prêt de décrocher...
La rencontre, en un seul, de tous les bons objets s'est opérée : la quête de sens, la force de l'amitié spirituelle ont en quelque sorte fusionné dans cette douce passion.

Arrivons-en, si vous me le permettez, à ce récit qui m'est familier pour illustrer mon propos sur la dépendance subtile dans le tantrisme bouddique dévotionnel.

En 1997 un jeune moine asiatique a été reçu à sa demande par le vieux Très Précieux. C'est le fameux Tennyin rinpoché dont j'ai parlé précédemment. Il avait à l'époque 17 ans je crois, et comme indiqué vivait, et vit sans doute toujours au Népal.
Il avait été reconnu comme la réincarnation d'un lama qu'avait très bien connu le Très Précieux et qui lui était très cher : le maître du monastère de Tcheudrak dans le Kham.
C'est à Tcheudrak que le petit Très Précieux était devenu moine novice à l'âge de 5 ans peut-être, et là donc qu'il avait connu le vieux lama de Tcheudrak : Tennyin rinpoché. En 1997 c'est donc la "réincarnation" de ce dernier qui arriva auprès du vieux lama Très Précieux pour étudier auprès de lui et recevoir de lui le coeur de sa transmission orale, conformément à cette tradition.

Le vieux lama Très Précieux, exceptionnellement, donna des instructions pour que ce jeune disciple soit accueilli avec des égards très personnels. Il fit spécialement réaménager un petit studio avec kitchenette au pied de ses appartements pour que le jeune homme soit près du vieux maître et dispose d'un contact très facile avec lui. Lorsque Tennyin avait un peu de temps libre le soir après ses longs entretiens souriants avec le vieux khampa, il s'asseyait à une table dans une bibliothèque située juste en dessous des appartements de lama Très précieux, et restait là sans occupation apparente, comme absorbé dans la continuité de sa rencontre avec son maître spirituel.

L'adolescent servait lui-même le thé et ses collations au vieux Tibétain, qui était visiblement enchanté par les bonnes manières de son visiteur.
Nos deux amis ne se sont quasiment pas quittés pendant le séjour de plusieurs mois qu'a effectué le jeune lama Tennyin.
Et pendant cette période ce fut un peu comme l'âge d'or et les derniers beaux jours du lama Très Précieux, qui donnait d'ailleurs le ton à toute sa communauté.
Les disciples laïcs et les fidèles de lama Très Précieux qui vivaient dans les environs, sentirent que ce jeune moine était à la fois un invité délicieux, délicat, sensible et attentif, mais qu'il représentait sans doute bien plus pour le vieux Très Précieux.

Le jeune Tennyin avait reçu de ses parents et de ses précepteurs ces éblouissantes manières, tout à la fois modestes et charmantes, qu'on connaît dans le monde asiatique, et qui sont encore au coeur du processus éducatif classique dans ce dernier.
Il était là pour apprendre auprès du vieux lama Très Précieux et non pour paraître. Cela passait presque inaperçu au yeux extérieurs, comme c'est souvent le cas pour les choses vraiment importantes.

Tennyin était accueilli par les fidèles laïcs avec une telle simplicité qu'il arriva même un jour dans un de ces joyeux repas d'été qui réunissait une grande tablée de sympathisants qu'on servît le jeune garçon en dernier, tant sa présence était devenue humble, discrète et familière.

Et effectivement, au sens propre comme au sens figuré, le jeune moine Tennyin fut servi en dernier au grand banquet spirituel de rinpoché, mais il fut sans doute le mieux servi. Aucun autre jeune tulkou (réincarnation) ne fut ainsi reçu à la fin de la vie de lama Très Précieux pour recevoir la quintessence de son expérience.

Lorsque le jeune homme s'en alla alors que l'automne bientôt arrivait, lama Très Précieux lui se prépara, et devait disparaître quelques semaines plus tard.

Au centre occidental qu'avait fondé lama Très Précieux, et où il vivait, les moines européens et les eurolamas étaient-ils moins enthousiastes que leur vieux maître vis-à-vis du jeune homme ?
Il est pensable que certains d'entre eux imaginaient un peu hâtivement que la transmission du vieux maître devait se faire en Occident, et bien entendu chez eux et pour eux.
Ils n'auraient alors pas volontiers accepté que le dharma de lama Très Précieux revînt là où il était né, à Tcheudrak dans le Kham.
Là, le jeune Tennyin reprendrait bientôt, par des allers-retours entre le Népal et le Tibet, le flambeau du vénérable monastère où lama Très Précieux avait grandi et fait ses principales retraites (retraite collective de trois ans, puis retraite solitaire en ermitage pendant peut-être une douzaine d'années).

La passation du flambeau qui se produisit ainsi vraiment entre le vieux maître et ce jeune asiatique ne fut pas vraiment attestée. De plus, parmi les témoins, vous pourrez contester sans doute si vous êtes très bienveillant qu'il en était bien un ou deux qui auraient aimé imaginer que le "fond de commerce" et l'héritage spirituels du vieux lama Très Précieux leur reviendraient en propre. S'assura-t-on donc silencieusement que le jeune Tennyin ne soit pas invité de nouveau au centre d'études de lama Très Précieux, après la mort de ce dernier ? Qui sait...

De son vivant le vieux lama Très Précieux se plaisait à dire qu'un jour la jeune réincarnation du Karmapa, le XVIIème hiérarque des bonnets rouges, viendrait le visiter et qu'il confierait à l'adolescent les transmissions orales de sa lignée avant de mourir.
Ce karmapa officiel ne vint jamais le voir.
La tête de la lignée était désormais en proie à des querelles intestines avec deux prétendants au pouvoir. Aucun ne voulant céder sa place sur le trône, il n'y eut en réalité aucune transmission acceptée et reconnue par tous. Deux jeunes karmapas en concurrence coexistèrent, dans un climat de rixes à Rumtek au début des années 90 (le siège en exil), puis de procès à répétition pour le contrôle de ce monastère dans les années 2000, sur fond de constats d'huissier de justice et de sites internet comme http://karmapa-issue.org/

Mais symboliquement et en l'absence d'un karmapa qui fût là, vint ce jeune moine d'Asie aux manière impeccables, Tennyin.
Et il est possible que, selon la vision non duelle du vieux Très Précieux, il n'y eut en ces présages favorables que l'accomplissement de cette tenace prophétie : ce jeune garçon était bien, dans les yeux pleins de reconnaissance du vieux Très Précieux, le nouveau ou plutôt son karmapa immuable, détenteur d'une lignée dont le siège le plus pur de transmission était, encore et toujours à Tcheudrak, au Kham.

Cette transmission, si elle existe, pouvait enfin y revenir, libérant le vieux Très Précieux de sa dette de gratitude pour ce monastère tibétain qui l'avait nourri, élevé et qui avait contribué à édifier l'homme tendre qu'il était resté, I love you et l'homme accompli qu'il était devenu. cyclops

La dette de gratitude acquittée, le vieux lama Très Précieux s'est éteint, songeant qui sait parfois avec tendresse à celui qui reviendrait bientôt sur ses terres en son nom : le jeune Tennyin rinpoché...

L'oubli a scellé l'accomplissement de cette belle promesse...


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claire
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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Ven 1 Juil - 14:56

Bonjour à vous tous,
Votre discussion est passionnante mais je n'ai pas encore épluché tous les arguments (ça se corse !! : study ) Comme j'ai travaillé avec des toxicomanes, je connais un peu le phénomène de l'addiction, plus que le bouddhisme que je viens de recontrer (en touriste, si l'on veut, puisque je n'ai pas de convictions bouddhistes cheers ). J'ai connu plusieurs toxicomanes qui avaient arrêté l'héroïne, et s'étaient lancés "à fond" dans le bouddhisme. De leur point de vue c'était un net progrès, mais c'est effectivement inquiétant quant à la nature du bouddhisme - tout du moins celui qu'ils pratiquaient - Je ne mets pas en doute leurs convictions, mais je m'interroge sur la répétition hypnotique de sons, de paroles et de rituels, I don't want that sur les conditions qui entourent l'initiation, et sur le "transfert" de l'initié sur son maître salut. Il est bien connu que souvent, du moins tant que le problème n'est pas résolu à l'origine, les toxicomanes abandonnent une addiciton pour une autre...
Je comprendrais très bien que de nombreux bouddhistes ne se reconnaissent pas dans ce bouddhisme " addictif", il est peut-être une forme altérée du message original; les religions sont souvent victimes de leurs interprétations...
Claire colors
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MessageSujet: Votre message est bienvenu et fait rebondir le débat !   Ven 1 Juil - 15:19

Votre message, Claire, est bienvenu et il va contribuer à placer le débat sur le terrain de la réalité concrête des dépendances ! What the fuck ?!? Votre travail avec des toxicomanes s'avère tout à fait essentiel, puisque certains vous ont confié qu'ils ont trouvé dans le bouddhisme une possibilité de dépasser sinon de transformer leur dépendance.

On peut supposer qu'il s'agit ici du bouddhisme tantrique , (généralement le bouddhisme himalayen), puisque vous nous parlez de dévotion au maître, de prières et de mantras qui en sont des éléments caractéristiques, bien que non exclusifs.

Sans vouloir généraliser, et pour ce que j'en sais, il y a en effet quelques-un d'entre eux qui sont arrivés dans les jeunes communautés bouddhistes qui se développaient en Europe autour de quelques lamas tibétains (et aussi bhoutanais) dans les années 70, et au début des années 80.

Ces années étaient, comme vous le savez, celles de styles de vie expérimentaux. C'était déjà la fin de la période Hippie / Woodstock et presque le début de la période New Age. Elles correspondaient aussi à la fin du grand mouvement vers les communautés du retour à la terre post 68. L'émergence des nouvelles communautés dites de la "conspiration du verseau" ou du "nouvel âge" s'annonçait. J'espère que les connaisseurs de ces périodes et de leur sociologie ne m'en voudront pas de ces raccourcis et corrigeront les approximations, je parle sous leur contrôle.

cherry Donc à la fin des années 70 des personnes qui s'étaient un peu vite brûlé les ailes dans les paradis articifiels ont voulu lâcher la toxicomanie et s'ouvrir à un milieu plus sain qui pouvait les aider. Disponibles, souvent sans travail, ils se sont naturellement tournés vers les nouveaux centres bouddhistes qui apparaissaient alors en Europe. Il sont devenus sympathisants mais surtout bénévoles, partageant leur temps entre de nouvelles activités au service de ces groupes et ces nouvelles expériences de vie communautaire. Il est clair que cela a aidé un nombre significatif de ces personnes à lâcher leur toxicomanie (LSD, héroïne, cannabis, ou polyconsommation avec aussi - bien entendu - l'alcool).

Ils ont également contribué à introduire dans l'imagerie et la mythologie du bouddhisme himalayen une approche plus fantastique et libertaire, et un style imprégné du psychédélisme issu de la contre-culture des années 70.

Plusieurs lamas tibétains avaient d'ailleurs, disaient-ils, quelques difficultés avec ces disciples un peu rebelles et aux cheveux longs qui ne correspondaient pas à l'image des moines du Tibet disciplinés et au crâne fréquemment rasé... lol!

Mais revenons pour un instant à un passé plus récent, et à un autre style d'adeptes. Je me souviens qu'en 98 deux très jeunes disciples laïcs, travailleurs bénévoles d'un centre du dharma en Occident avaient recueilli à table, lors d'un déjeuner pris en commun , les confidences d'un maître de retraites, un moine (et eurolama) européen. Ce dernier les avait choqués en leur expliquant qu'à leur âge il avait été brièvement et plus ou moins "dealer" pour reprendre le terme précis qu'il avait utilisé. Ces jeunes gens de dix-huit à vingt ans en étaient resté pétrifiés et étaient venus me confier leur stupéfaction !
Au fond cela aurait-il dû les étonner ? L'époque précédente était peut-être plus favorable à ce type de conversion spectaculaire. Il y a aussi ce que vous nous dites avec nuance, Claire, c'est à dire que (peut-être) une dépendance en remplacerait en quelque sorte une autre...

C'est sans doute une amusante caricature, et rien de plus ! Mais il vaut mieux retrouver les toxicomanes dans les monastères lamaïstes que l'inverse ! Réjouissons-nous donc que la transformation, se soit opérée dans cette direction ! Il est ainsi pensable que la dépendance au tantrisme bouddhique, si elle existe, est subtile et donc moins évidente que la dépendance toxicomaniaque...

J'ai tenté de brosser un tableau du passé : il sera intéressant de mieux connaître les visages actuels de la toxicomanie. Peut-être Claire, pourrez-vous nous confier à votre convenance quelques détails significatifs de vos expériences d'accompagnement de ces toxicomanes heureusement convertis au bouddhisme ?

Il nous faudra aussi parler de la place de l'alcool dans la vie sociale et au coeur des rituels d'offrande spirituelle des communautés du tantrisme bouddhique. Vos interventions sont bienvenues sur ce forum y compris pour apporter la contradiciton.

Enfin en quelques mots il faut quand même évoquer à ce point ceux qui, moins chanceux ou plus vulnérables, ont adopté le tantrisme sans toutefois pouvoir cesser leur dépendance aux produits illicites.
Il existe, on s'en doute, peu de faits avérés, car dans la mesure où ces conduites sont répréhensibles elles restent toujours sous le manteau.
Il m'a semblé entendre récemment deux anecdotes que je restitue ici sous toute réserve, ne pouvant en garantir l'authenticité. Il s'agirait de deux cas possibles (dont je préserverai l'anonymat et la vie privée en effaçant certains détails, et en en modifant certains autres, pour que personne ne puisse les identifier ni les exposer dans leur fragilité).
L'un est celui d'un garçon européen qui pratiquant d'une part les rituels yoguiques et vaquant d'autre part entre l'intérieur et l'extérieur d'un centre tantrique en Occident n'aurait paraît-il pas tout à fait renoncé à son goût pour le tetra hydro canabinol. Il a fait une rupture d'anévrisme dans le centre (qui d'ailleurs aurait été diagnostiquée 24 heures après l'incident, sans que j'ai pu vérifier ce chiffre ni ces assertions. c'est en tout cas ce qui a été raconté parmi ses correligionaires). Il a survécu fort heureusement, et ses parents le reprirent ensuite chez eux.

L'autre cas est un ancien travailleur bénévole d'une communauté du tantrisme bouddhique, également d'Europe occidentale, qui a également pratiqué ce qu'il est convenu d'appeler des tantras supérieurs ou évolués. Il aurait dit-on également conservé un certain penchant pour ces mêmes substances illicites. Sa santé mentale aurait là aussi souffert. Amené à prendre alors des médicaments psychotropes régulièrement prescrit par son psychiatre, pour stabiliser son psychisme qu'il ne pouvait plus tout à fait contrôler, il aurait, paraît-il et sous toute réserve, continué à hésiter entre les pratiques tantriques, le cannabis et les médicaments (neuroleptiques ou antidépresseurs) qui lui étaient prescrits.
Hésitation ou combinaison? Seul les effets sont clairs : un internement heureusement bref, et aujourd'hui le suivi indispensable d'un psychiatre.

On le voit les effets combinés des intoxicants et des pratiques yoguiques du tantrisme bouddhique sembleraient être terrifiants au vu de ces anecdotes. Plus de recherche est nécessaire dans ce domaine. On peut poser la question : dans la mesure où une personne ne peut renoncer définitivement à ses substances illicites, la conversion au tantrisme bouddhique est-elle une bonne chose ? Dans la mesure où la combinaison psychotropes+yoga tantrique pourrait être fâcheuse, le "remède" tantrique supposé pourrait-il alors s'avérer pire que le mal ?

Nous proposons cette question à ceux qui nous lisent et qui dans le domaine éducatif, des sciences sociales (de l'anthropologie en particulier) ou de la médecine souhaitent intervenir ici...

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MessageSujet: LA Voix du disciple.   Sam 9 Juil - 14:28

Si mes souvenirs sont bons ( je n’ai pas revu ce film depuis sa sortie en 83 ), La vie est un roman, réalisé par Alain Resnais d’après un scénario de Jean Gruault, s’ouvre sur une séquence où l’on voit un richissime Italien qui, au début du siècle dernier, s’adresse aux amis qu’il a réunis dans une clairière. Il projette d’y faire bâtir un château d’allure baroque où il propose d’amener ceux qui le souhaitent à un bonheur complet et durable. « En effet, poursuit-il, qui peut prétendre être heureux, comblé par la vie qu’il mène, à cent pour cent ? Et pourtant, n’est-ce pas le but que nous poursuivons tous: atteindre cette félicité suprême? ».
Il possède, dit-il, les moyens d’y parvenir et convie ceux qui le désirent à en partager l’expérience.
Ce discours effraie quelques membres de l’assemblée mais, parmi les volontaires prêts à tenter l’aventure et qui demeurent, figure un couple de jeunes premiers réunissant la sublime Fanny Ardant et le fringant André Dussolier.
Malheureusement, 14-18, la Première guerre mondiale, va éclater sur ces entrefaites; au terme du conflit, l’ex-millionnaire a perdu une partie de sa fortune et le château, qui est néanmoins sorti de terre, n’est pas aussi grandiose que dans le projet originel. Par contre, les candidats à la béatitude suprême qui pénètrent dans le hall du bâtiment, et dont les rangs eux aussi ont été décimés, sont plus décidés que jamais, après la terrible épreuve qu’ils viennent de traverser et que rappelle l’uniforme d’officier du personnage interprété par André Dussolier.
Une fois les portes refermées, installées dans un salon aux fauteuils confortables, ces victimes consentantes sont invitées à boire la « drogue de l’oubli » qui les plonge dans le sommeil. Par prudence, la divine Fanny Ardant est la seule à ne pas jouer le jeu, vidant discrètement le contenu de sa coupe dans un pot de fleurs avant de faire semblant de s’endormir.
Cependant la cérémonie va suivre son cours, accomplie par des assistants d’origine asiatique qu’un long travelling nous montre évoluer dans des couloirs tendus de pourpre on détour desquels on entraperçoit une statuette de Bouddha, comme si le réalisateur multipliait les clins d’œil en direction des religions orientales.
Après le lavage de cerveau initial, la seconde étape du rituel va consister en un réveil méthodique des perceptions. Ainsi, pour l’odorat, des parfums que l’on devine particulièrement subtils, suaves et capiteux, sont agités au nez des participants, encore à demi-inconscients, immergés dans les effluves qui émanent de baignoires sabot et coiffés d’un bonnet de tissu argenté dont un voile recouvre leurs yeux, masquant leur identité. Pour l’ouîe un quatuor à cordes vient leur donner, en quelque sorte, une aubade...
Le récit n’est pas aussi linéaire chez Resnais mais s’enchevêtre avec deux autres intrigues : d’une part, un colloque contemporain sur la pédagogie qui se déroule dans l’enceinte du manoir ; d’autre part, au même moment, les jeux d’un groupe d’enfants dans les bois environnants, à l’origine d’un imaginaire merveilleux, de type médiéval, dont les figures illustrées par Enki Bilal se matérialisent de manière impromptue au détour des sentiers. L’unité de lieu, le château, assure la cohérence de ces allers et retours entre notre époque et les années vingt.
Quand nous y retrouvons une dernière fois nos initiés, ils sont debout et se font face, rassemblés par petits groupes dans une salle et ils portent tous aux lèvres le même sourire béat qui témoigne, comme leur regard figé, qu’ils ont bien atteint le parfait bonheur qui leur avait été promis. Sa précaution a épargné au personnage interprété par Fanny Ardant cette lobotomie affective, cette forme de décervelage, et c’est d’ailleurs à elle, plus… ardente que jamais, que revient le mot de la fin : quand elle déclare au maître de cérémonie italien qu’elle préfère la passion, avec tout ce qu’elle comporte d’excès et son lot de souffrances, à cette ataraxie qui s’assimile à une vie végétative ; autrement dit, elle entend faire de sa vie un roman, non pas une suite de pages blanches, et rejette le nirvâna auquel voilà bel et bien parvenus ceux qui, à ses yeux, ne sont plus que de pâles figurants, après avoir sacrifié ce qui faisait leur personnalité ; sa révolte est d’autant plus forte que l’absorption de la drogue de l’oubli a été fatale à son compagnon.
Dans un poème du recueil intitulé La poursuite du bonheur, Michel Houellebecq exprime une position assez proche en ces termes : « Occidental, sentimental, primaire, je n’arrive pas vraiment à sympathiser avec le bouddhisme[…] En d’autres termes je reste un romantique, émerveillé par l’idée d’envol[…] J’estime la chasteté, la sainteté, l’innocence: je crois au don des larmes et à la prière du cœur. Le bouddhisme est plus intelligent, il est plus efficace ; il n’empêche que je ne parviens pas à y adhérer. » Ou encore Pierre Gripari qui écrivait dans son Evangile du rien: « Il y a donc, dans l’attitude du renoncement, si sincère qu’elle soit, quelque chose qui cloche, quelque chose qui ne colle pas avec la vraie nature de l’homme. Et c’est là, en définitive, le seul critère qui compte vraiment. Si beau que soit le costume, il ne peut me servir à rien tant qu’il n’est pas à ma taille.[…] La question n’est donc pas à proprement parler morale, elle est psychologique : que la sagesse rende « heureux », c’est bien possible ; mais voulons-nous le bonheur ? Sommes-nous faits pour nous contenter, même à ce prix, d’une vie diminuée, d’une sensibilité amortie, d’une émotivité réduite, d’une activité inhibée ? Le lâcher-prise universel, la non-dépendance intérieure, la parfaite satisfaction de son être propre, cela existe, c’est sûr, sans remords, sans regrets, sans aucune tentation de revenir en arrière : mais c’est seulement chez les drogués, chez les autistes, chez les schizophrènes. Les maisons de fous sont pleines de sages… ».
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MessageSujet: L'ataraxie est-elle le but souhaitable ?   Sam 9 Juil - 17:46

Cher M.E.,

Votre récit vient à point nommé pour poser en effet la question de confiance : l'ataraxie promise par le bouddhisme est-elle vraiment une quête justifiée pour tout humain sensible, différencié et qui a besoin de s'essayer aux choses de la vie ?
Première réaction : bien que promise, cette tranquillité n'est pas garantie, et vous connaissez comme moi des adeptes qui ne sont ni plus ni moins sereins que des personnes inscrites dans le processus heuristique de la vie.
Dexuième réaction : et si elle peut être obtenue, cette paix, comme vous le suggérez fort justement, n'est peut-être pas toujours une si excellente chose. Vous parlez d'une manière d'être qui a tendance à uniformiser les regards et les sourires, et c'est en effet une des questions que l'on pourrait poser avec vous : les styles uniformisés de tranquillité intérieure du bouddhisme permettent-ils tous de maintenir la spécificité et de préserver le projet individuel de la personnalité humaine ? A trop vouloir abraser l'ego, ne risque-t-on pas d'affaiblir ce "je" qui nous particularise, et nous identifie ?

La question se pose tout particulièrement avec certaines écoles du tantrisme bouddhique qui avec leurs méthodes expéditives basées sur la répétition d'implorations au gourou, de mantras et de visualisations transparentes et colorées, pourraient même faire peu de cas de la personnalité humaine dans ce qu'elle a d'unique et de fragile (nous ne généraliserons pas, il y a aussi sans doute des écoles tout à fait exemplaires à cet égard).

Nous aimerions en savoir plus sur votre découverte de ces milieux, peut-être avez-vous aussi d'autres idées à nous faire partager, d'autres anecdotes issues de vos propres explorations ?


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MessageSujet: Re: DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?   Sam 9 Juil - 23:35

Lorsque le premier centre de bouddhisme tibétain fut fondé aux portes de l’Ecosse, en 1967, puis que, dix ans plus tard, un autre s’implanta en Dordogne, les néophytes de l’époque n’en savaient peut-être pas assez pour dégager cette problématique avec précision ; aujourd’hui, les nombreux titres du Dalaï Lama en collections de poche ou ceux de son traducteur, Mathieu Ricard, fleurissent au rayon librairie des supermarchés et dans les relais H des gares ferroviaires, promettant sagesse et bonheur au premier passant venu. Dans un article ayant pour sous-titre « Tous bouddhistes ? », le magazine ELLE parlait même de « Dalaï-lama-mania », en octobre 2003, à propos de l’engouement soulevé par la dernière visite de Sa Sainteté à Paris.
En fait, une partie du malentendu provient de la parution, au milieu des années cinquante, des ouvrages, pas moins de dix-huit titres, de l’Anglais Cyril Henry Hoskins, alias Lobsang Rampa T. Les éditions Albin Michel publièrent la traduction du Troisième œil en 1957, soit deux ans avant que Tenzin Gyatso, suite à l’invasion chinoise, quitte le pays sur lequel il exerçait l’autorité spirituelle et temporelle, pour s’exiler dans le nord-ouest de l’Inde. Diffusés ensuite en « J’ai lu », sous la couverture grenat ornée d’une illustration mordorée de la collection « L’aventure secrète », cette pseudo-autobiographie d’un lama tibétain et ses multiples développements ne contribuèrent pas peu à épaissir l’aura de mystère qui nimbait déjà le pays des neiges, de par son isolement politico-géographique, comme en témoignent, en 1960, les visions ascensionnelles du moine Eclair Béni dans l’album Tintin au Tibet. D’ailleurs le dalaï-lama, tout en confirmant la fausseté des fables débitées par le soi-disant Lobsang Rampa, lui reconnaît le mérite d’avoir relancé un certain intérêt des Occidentaux pour la mystique tibétaine.
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DEPENDANCE ? Des bouddhismes libérateurs ou addictifs ?
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