 | forum bouddhisme & dépendance Bouddhiste ou bouddhistes ? La mode du bouddhisme en Occident révèle-t-elle une nouvelle forme subtile de dépendance ? Certaines pratiques de bouddhisme occidentalisées, en particulier de bouddhisme tibétain, peuvent-elles se révéler addictives ? Forum. |
| | | REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles | |
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| Auteur | Message |
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Nombre de messages: 389 Localisation: http://bouddhismes.info Date d'inscription: 27/06/2005
 | Sujet: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Lun 7 Nov - 23:30 | |
| REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles, soi ou absence de soi, croyances & expérience, approches différentes de la question "qui sommes nous ?" | Jean-Paul a écrit: | | Au fait Im, par rapport à l'idée de former [un autre fil] de discussions, on pourrait prendre mon dernier message (reproduit ci-dessous) et l'insérer dans un thème genre: "bouddhisme et réalité" ou "le soi vu sous différents angles" ou "soi ou absence de soi" ou "croyances et expériences" ou tout simplement "qui sommes nous, différentes approches. |
Ce thème de discussion a effectivement commencé avec le message de Jean-Paul et une question intrigante qu'il pose, parmi d'autres : s'il n'y a pas de sujet, pas de soi, qui donc atteint le nirvana dans le bouddhisme ? Voici la citation de son message complet :
| Jean-Paul a écrit: | | sebastien a écrit: | Bonjour tous, Maitre EYA : Merci pour la définition du mot "salut". Oui effectivement on pourrait parler de salut bouddhiste dans la fait "d'échapper à la mort" (puisque on échappe aussi à la naissance), quoique "echapper" suppose l'existence d'un sujet, qui est illusoire. Mais la "félicité eternelle" ne m'apparait pas très bouddhiste, cela sent trop le "nirvana-paradis" amha 
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Le sujet est illusoire? S'il n'ya pas de sujet, qui profite de la libération? Le bouddha a dit que les agrégats ne sont pas le soi mais n'a pas dit qu'il n'y a pas de soi ou conscience individuelle. Je connais la théorie des theravadins français tendance birmane: en dehors des agrégats, pas de soi. Donc personne qui profite de la libération, c'est l'égo qui veut être libéré etc... Position que je considère intenable. Le maîtres thaï parlent de véritable demeure, les maîtres dzogchen de nature fondamentale, les maîtres zen ou chan de 7ème et 8ème conscience, les chrétiens de l'âme etc... Lorque tu dis la félicité éternelle ne me paraît pas bouddhiste. Dans le bouddhsime, il n'y aurait pas de félicité éternelle ou comme le dit Sandrine plus haut, pas d'éternité. D'accord, dans le bouddhisme, ces choses n'existent pas. Mais dans la réalité est ce que ces choses existent? Puisque c'est bien à l'expérience de la réalité que nous sommes confrontés. |
La réponse ne s'est pas faite attendre :
| sebastien a écrit: | (Je laisse le soin à im de couper ce fil)
Il me semble qu'il n'y a pas à discuter de l'absence de soi dans les phénomène comme les individus, ce n'est pas une spécificité theravadin, c'est une des bases du bouddhisme : tous les phénomènes sont impermanents, insatisfaisants et sans soi. Et même le non-créé, Nibbana est sans soi.
Citons Nagarjuna, penseur mahayaniste par excellence :
"Nous appelons vacuité Ce qui apparaît en dépendance, (...) Puisque il n'existe aucun phénomène Qui ne soit une production dépendante, Il n'existe aucun phénomène qui ne soit vide"
"Si le je était les agrégats Il serait sujet à la production et à la destruction Si le je était autre que les agrégats, Il n'aurait pas les caractères des agrégats"
Voyons ce que dit le maitre tibétain Kalou Rinpoche :
"L'esprit sous l'emprise de l'ignorance s'engage dans les illusions, parmi lesquelles la plus fondamentale, racine de toutes les autres, est la saisie dualiste en termes de sujet et d'objet. Quand l'esprit ignore l'ouverture de sa vacuité, se substitue à son experience sans centre ni périphérie celle d'un point de référence central à partir duquel tout est perçu. Ce point, centre qui s'approprie toutes les experiences, est l'observateur, l'ego-sujet. C'est ainsi qu'ignorant sa vacuité, l'esprit engendre l'expérience illusoire d'un moi ou je" |
Mais Jean-Paul persiste et signe, pour que le présent fil de discussion soit ouvert ici-même :
| Jean-Paul a écrit: | | sebastien a écrit: | (Je laisse le soin à Im de couper ce fil)
Il me semble qu'il n'y a pas à discuter de l'absence de soi dans les phénomène comme les individus, ce n'est pas une spécificité theravadin, c'est une des bases du bouddhisme : tous les phénomènes sont impermanents, insatisfaisants et sans soi. Et même le non-crée, Nibbana est sans soi.
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Bonsoir Sébastien,
Je pense au contraire qu’il est intéressant d’en discuter en profondeur parce que la question de l’identité et son mystère est probablement la question la plus centrale chez l’être humain. Régler le problème en disant que dans le bouddhisme il n’y a pas de soi peut être sécurisant au niveau de la défense d’une doctrine mais pas satisfaisant au niveau de la réalité vécue.
Le Bouddha dit que les agrégats ne sont pas le soi mais ne dit pas que le soi n’existe pas, qu’il n’y a personne qui fasse l’expérience des agrégats. Les textes que tu cites ne disent pas non plus que le soi n’existe pas mais que c’est l’identification aux phénomènes qui est illusoire. Le je peut être une construction conditionnée, mais la réalité derrière ce je est réelle. Il faut aussi préciser que le phénomène de non identification ne doit pas être non plus être considéré comme une négation du ressenti. Ce qui conduirait au refoulement. Mais ca, c'est encore une autre histoire. S’il n’y a pas de soi, je te repose la question : qui se libère ? S’il n’y a pas une conscience propre à l’individu en dehors des agrégats, lorsque ceux ci se désagrègent, c’est donc le néant, puisqu’il n’y a plus de conscience. Et s’il n’y pas de soi, à quoi rime finalement la démarche spirituelle ? |
A vos souris,
Dernière édition par le Mar 7 Fév - 17:11, édité 3 fois |
|  | | sebastien Membre de longue date
Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 11/09/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 0:11 | |
| (copié collé de l'autre fil) Ma formulation "il n'y a rien a discuter" est maladroite. Ce que je souhaitais exprimer, c'est que les écoles bouddhiques sont toutes d'accord pour admettre un soi du point de vue relatif, mais réfutent l'idée d'un soi du point de vue de la réalité absolue. Par "non-soi" (anatta) il faut comprendre "sans essence", "sans substance", "vide" et non pas "inexistant". Par exemple la pluie, cette eau qui tombe du ciel mouille, elle existe donc, mais aucun des atomes qui la compose n'a la nature de l'eau, c'est de l'oxygene et de l'hydrogene (qui eux même sont sans soi etc) : elle est sans essence, sans soi. C'est dans ce sens que la pluie est illusoire. _________________ Seb
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Nombre de messages: 389 Localisation: http://bouddhismes.info Date d'inscription: 27/06/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 0:18 | |
| Et pensez-vous que la question de Jean-Paul puisse se poser, pour un disciple Theravadin, ou Zen, par exemples ? : qui donc atteint l'éveil puisque le soi n'existe pas selon le bouddhisme ? ou encore la quête spirituelle du nirvana a-t-elle alors un sens pour le sujet, si celui-ci n'existe pas ? |
|  | | Tinh'Y Membre de longue date

Nombre de messages: 146 Date d'inscription: 11/10/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 9:40 | |
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Dernière édition par le Lun 28 Nov - 0:42, édité 1 fois |
|  | | sebastien Membre de longue date
Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 11/09/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 13:28 | |
| | Citation: | | qui donc atteint l'éveil puisque le soi n'existe pas selon le bouddhisme ? |
Je crois que Tinh'y a bien répondu à la question.
L'eveil (nibbana) est souvent traduit par "cessation", et l'image est celle d'une flamme qui s'éteint faute de combustible (Le combustible étant la soif). Sous cette angle, ce n'est pas un soi existant en lui-même qui atteint quelque chose de solide qui serait l'eveil, mais plutot la cessation d'une illusion qui est la croyance en un soi.
| Citation: | | la quête spirituelle du nirvana a-t-elle alors un sens pour le sujet, si celui-ci n'existe pas ? |
Le sujet existe bien du point de vue de la vérité relative, c'est juste qu'il est impermanent (anicca) et sans essence (anatta) car conditionné. Et ce qui dépend de conditions pour se manifester ne peut exister par lui même, en soi. Cette croyance illusoire en un soi génère de la souffrance : on voudrait ou bien changer, ou bien ne pas changer, on voudrait multiplier les experiences agréables, éviter celles qui sont désagréables etc mais on ne contrôle rien. Toute cette souffrance est basée sur la croyance en un moi. Le sens de la quête spirituelle est de réaliser que ce moi ne peut être trouvé nulle part. Et s'il n'y a pas de moi, et bien il n'y a plus de souffrance. _________________ Seb
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|  | | Im Rang: Administrateur

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 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 19:52 | |
| Je suis assez épaté par vos deux réponses Sébatien et Tinh'Y, qui témoignent de votre connaissance attentive de la doctrine boudhiste. Je me permets de poursuivre le questionnement : alors à la mort cette réalisation de la claire lumière, ou ce transfer dans les champs de grande félicité, ou encore cette atteinte de la terre pure de l'Ouest du bouddha Amita, c'est juste des noms pour cette extinction, cette flamme qu'on souffle du nirvana, ou ce sont des réalisations... distinctes,... illusoires, ...existantes ou... inexistantes ? (Je suppose que la réponse doit être plus délicate et complexe que ma question posée un peu succinctement !)
Dernière édition par le Mar 8 Nov - 22:26, édité 2 fois |
|  | | sebastien Membre de longue date
Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 11/09/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 20:17 | |
| Le domaine de la grande félicité (Sukkhavati) est un monde "superieur", un champ pur, favorable à la pratique menant à Nibbana, une sorte de tremplin, mais il reste un monde du samsara, il n'est pas Nibbana. Sukkhavati est surtout évoqué dans le bouddhisme Mahayana, notamment dans les école de la terre pure, je n'en sais pas beaucoup plus. La Claire Lumière (rigpa) c'est autre chose, c'est un genre de conscience eveillée, d'intelligence eveillée, mais ce concept est propre il me semble au Vajrayana/Mahayana. Et je crois qu'un Theravadin regarderais ce concept avec un drôle d'air  _________________ Seb
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|  | | Im Rang: Administrateur

Nombre de messages: 389 Localisation: http://bouddhismes.info Date d'inscription: 27/06/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 22:24 | |
| Oui, ce serait intéressant de découvrir si l'union "vacuité-félicité" qui est pour les tantrikas du vajrayana le coeur de l'éveil spirituel correspond au nirvana de leurs amis Theravadin... Alors, un nirvana pour tous, ou divers nirvana promis selon les diverses écoles ? Les promesses engagent surtout ceux qui y croient. Un vieux maître Soto Zen (Kodo Sawaki, le maître de Taisen Deshimaru) disait quant à lui que le nirvana c'était "l'endommagement ultime"... Que voulait-il dire par là ? Et puis il y a les NDE, les near death experiences, ces expériences au seuil de la mort que racontent nos contemporains qui les ont vécues, en particulier en Occident. Sont-elles une expression de ce "nirvana", de cet éveil spirituel ? Est-ce le même éveil que chez les bouddhistes, est-ce encore une autre forme de conscience ou d'expérience ? Des questions, beaucoup de questions... Je ne sais pas si ces interrogations vous inspireront une idée ou une intuition... |
|  | | Tinh'Y Membre de longue date

Nombre de messages: 146 Date d'inscription: 11/10/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 23:08 | |
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Dernière édition par le Lun 28 Nov - 0:43, édité 1 fois |
|  | | sebastien Membre de longue date
Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 11/09/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mar 8 Nov - 23:23 | |
| Tant qu'il y a perception on n'est pas dans Nibbana, on est dans le domaine de l'experience, du sujet et de l'objet. Les NDE sont des NDE, littéralement des "experiences près de la mort". Pas d'eveil la dedans.. A la rigueur un réveil, sinon c'est qu'on est mort  _________________ Seb
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|  | | Jean-Paul membre actif
Nombre de messages: 23 Date d'inscription: 11/09/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mer 9 Nov - 1:22 | |
| Sebastien a dit : | Citation: | | Ma formulation "il n'y a rien a discuter" est maladroite. Ce que je souhaitais exprimer, c'est que les écoles bouddhiques sont toutes d'accord pour admettre un soi du point de vue relatif, mais réfutent l'idée d'un soi du point de vue de la réalité absolue. Par "non-soi" (anatta) il faut comprendre "sans essence", "sans substance", "vide" et non pas "inexistant". Par exemple la pluie, cette eau qui tombe du ciel mouille, elle existe donc, mais aucun des atomes qui la compose n'a la nature de l'eau, c'est de l'oxygene et de l'hydrogene (qui eux même sont sans soi etc) : elle est sans essence, sans soi. C'est dans ce sens que la pluie est illusoire. |
Donc si le soi n’existe que du niveau relatif et pas dans le niveau absolu, dès qu’on quitte le relatif, il n’y a plus de soi, donc plus de conscience individuelle, plus personne pour profiter du passage du relatif dans l’absolu. Dans ce cas, il vaut mieux rester dans le relatif. Au moins dans le relatif il y a encore quelqu’un et on peut être conscient. Sinon à quoi cela ressemble de se retrouver dans un non soi, vide, sans essence et sans substance ? C’est amusant ?
Thinh a dit :
| Citation: | | .. qui profite du nirvana : personne... à quoi ça sert à rien, quel en est le sens : aucun. C'est peut-être dur mais c'est bien là la seule réalité absolue.... c'est pourquoi le bouddhisme est avant tout une pratique avant d'être une philosophie .... "respire et profites en, ça ne durera pas et c'est pas grave".... |
Si cela ne sert à rien et que personne en profite, autant oublier cette histoire. Respire et profite en est une généralité, pas un chemin de libération.
| Citation: | Beaucoup se disent bouddhistes sans même connaitre les enseignements du bouddha, il y a comme une maldonne.... si ils savaient le fond des choses Mais baf ils diraient que c'est moi qui me trompe.... Rien n'est éternel même pas le bouddhisme... mais tout de même les enseignements du bouddha ça peut aider.... |
Il me semble déceler une forme de pessimisme et de défaitisme dans tes propos.
Sébastion a dit :
| Citation: | | L'eveil (nibbana) est souvent traduit par "cessation", et l'image est celle d'une flamme qui s'éteint faute de combustible (Le combustible étant la soif). Sous cette angle, ce n'est pas un soi existant en lui-même qui atteint quelque chose de solide qui serait l'eveil, mais plutot la cessation d'une illusion qui est la croyance en un soi. |
Oui mais qui est conscient de la cessation de la croyance en un soi ?
Sébastien a dit :
| Citation: | | Le sujet existe bien du point de vue de la vérité relative, c'est juste qu'il est impermanent (anicca) et sans essence (anatta) car conditionné. Et ce qui dépend de conditions pour se manifester ne peut exister par lui même, en soi. Cette croyance illusoire en un soi génère de la souffrance : on voudrait ou bien changer, ou bien ne pas changer, on voudrait multiplier les experiences agréables, éviter celles qui sont désagréables etc mais on ne contrôle rien. Toute cette souffrance est basée sur la croyance en un moi. Le sens de la quête spirituelle est de réaliser que ce moi ne peut être trouvé nulle part. Et s'il n'y a pas de moi, et bien il n'y a plus de souffrance. |
Autant alors se mettre une balle dans la tête, plus de problème. Je caricature évidemment. On en revient à la même question qui me paraît fondamentale. Y a t’il une conscience individuelle, personnelle à chacun, à toi Sébastien qui pratique le bouddhisme, qui est là pour constater la purificaction d’un moi étriqué et soumis à des schémas de souffrances ? Lorsqu’il y a libération de ce moi, est ce que Sébastien jouit de la liberté et de la joie dû à cette libération ? S’il n’y a pas une conscience propre à Sébastien qui jouit de la joie de la liberté et de l’amour, s’il y a anéantissement de la conscience personnelle, c’est le retour au néant.
Marc a dit :
| Citation: | Oui, ce serait intéressant de découvrir si l'union "vacuité-félicité" qui est pour les tantrikas du vajrayana le coeur de l'éveil spirituel correspond au nirvana de leurs amis Theravadin... Alors, un nirvana pour tous, ou divers nirvana promis selon les diverses écoles ? Les promesses engagent surtout ceux qui y croient |
Oui, il est intéressant de se pencher sur la réalité sous jacente qui est l’aboutissement promis par ces différentes écoles bouddhistes. Chacune ayant évidemment tendance, dans certains de ses travers, à revendiquer la vérité, le chemin le plus rapide, le vrai bouddisme etc.. Il semble que cela débatte beaucoup au niveau des concepts désignant la réalité. Le témoignage pratique de l’expérience individuelle est plus difficile à obtenir.
Thinh a dit :
| Citation: | | Il n'existe pas de conscience primordiale etc... et moi je rajoute pas de connaissance transcendante |
Tu veux dire que cela n’existe pas ou que tu n’en as pas fait l’expérience ou qu’il est dit dans telle école bouddhiste que cela n’existe pas?
Sébastien a dit :
| Citation: | | Tant qu'il y a perception on n'est pas dans Nibbana, on est dans le domaine de l'experience, du sujet et de l'objet. Les NDE sont des NDE, littéralement des "experiences près de la mort". Pas d'eveil la dedans.. A la rigueur un réveil, sinon c'est qu'on est mort |
Sabstien, puisque tu sembles bien connaître le Nibbana, peux tu nous en décrire ton expérience ? Une expérience personnelle est bien plus riche que « dans le bouddhisme, il est dit que » |
|  | | Tinh'Y Membre de longue date

Nombre de messages: 146 Date d'inscription: 11/10/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mer 9 Nov - 10:55 | |
| j 
Dernière édition par le Lun 28 Nov - 0:43, édité 1 fois |
|  | | sebastien Membre de longue date
Nombre de messages: 52 Date d'inscription: 11/09/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mer 9 Nov - 11:19 | |
| | Citation: | Au moins dans le relatif il y a encore quelqu’un et on peut être conscient. Sinon à quoi cela ressemble de se retrouver dans un non soi, vide, sans essence et sans substance ? C’est amusant ?
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Réaliser l'eveil ne ressemble logiquement à rien puisque c'est une extinction, il n'y a pas de références. C'est ni amusant, ni non-amusant, c'est pour cela que c'est la paix suprême.
| Citation: | | Oui mais qui est conscient de la cessation de la croyance en un soi ? |
Personne. Le soi s'efface simplement. La conscience dans le bouddhisme n'est qu'une sensation, une sensation mentale.
| Citation: | Y a t’il une conscience individuelle, personnelle à chacun, à toi Sébastien qui pratique le bouddhisme, qui est là pour constater la purificaction d’un moi étriqué et soumis à des schémas de souffrances ? Lorsqu’il y a libération de ce moi, est ce que Sébastien jouit de la liberté et de la joie dû à cette libération ? S’il n’y a pas une conscience propre à Sébastien qui jouit de la joie de la liberté et de l’amour, s’il y a anéantissement de la conscience personnelle, c’est le retour au néant.
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Un examen même superficiel de l'enseignement du Bouddha montre bien que celui-ci réfute l'idée d'une conscience en soi, d'une conscience propre. Il n'y a pas anéantissement car il n'y a jamais véritablement eu de soi.
On dirait que l'idée de la cessation d'un soi, d'une extinction vous effraie... Vous voyez donc bien que l'attachement à ce soi génère de la souffrance 
Un jour, un ascète demandait à Sariputta, disciple du Bouddha ce qu'il y avait de plaisant dans ce Nibbana si aucune sensation n'y était experimentée. Celui-ci lui répondit que c'est justement parce qu'il n'y avait ni sensation plaisante, ni sensation déplaisante, (ni neutre) que Nibbana était le plus grand bonheur : il n'y avait donc plus de possibilité de souffrance (dukkha), car plus de sujet pour souffrir ni d'objets d'attachement à saisir.
| Citation: | | Sabstien, puisque tu sembles bien connaître le Nibbana, peux tu nous en décrire ton expérience ? |
Nibbana est généralement décrit en termes négatifs, car il est indescriptible. C'est un état de non souffrance. Et sans perception je vois mal comment on pourrait le decrire...
Je suis bien peu avancé pour faire part de mes experiences. J'en suis plutôt au stade ou je m'attache surtout à constater l'insatisfaction des objets d'attachement... _________________ Seb
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|  | | véa membre gradé... et pas oublié
Nombre de messages: 22 Date d'inscription: 14/10/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mer 9 Nov - 12:59 | |
| M.Foucault: | Citation: | | De nos jours, quand un journal pose une question à ses lecteurs, c’est pour leur demander leur avis sur un sujet où chacun a déjà son opinion: on ne risque pas d'apprendre grand_chose. Au XVIIIème siècle, on préférait interroger le public sur des problèmes auxquels justement on n'avait pas encore de réponse. Je ne sais si c'était plus efficace; c'était plus amusant. |
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|  | | Im Rang: Administrateur

Nombre de messages: 389 Localisation: http://bouddhismes.info Date d'inscription: 27/06/2005
 | Sujet: Re: REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles Mer 9 Nov - 13:07 | |
| Ce présent fil de discussion lancé à l'initiative de Jean-Paul s'avère mobiliser nos convictions, des connaissances, nos modestes expériences et susciter les débats. Je lis avec intérêt les contributions et les échanges, ci-dessus, de nos fines lames, me disant ici et là : "c'est vrai", "bien vu", "très juste", etc. J'ai aussi l'impression que Jean-Paul, Tinh'Y et Sébastien ne sont pas en désaccord, mettant plutôt l'accent sur tel ou tel aspect de la question. C'est un sujet sensible, difficile, celui autour duquel les religions se positionnent et se différencient, même la science aurait besoin d'en savoir davantage pour mieux orienter la pratique en médecine et la recherche en biophysique, en génétique ; bref, on peut pressentir que réalisant le coeur de ce sujet, on pourrait mieux en appréhender beaucoup d'autres... Houellebecq a aussi a sa manière, en romancier, essayé de comprendre cette question dans " les particules élémentaires", mais aussi dans "la possibilité d'une île". |
|  | | | | REALITE et bouddhisme, le soi vu sous différents angles | |
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