Merci de vos interventions, et de vos bonnes idées Tenryu et Tinh'Y.
Oui, le dalai lama est paradoxal, il incarne la modernité du peuple tibétain mais aussi l'ordre théocratique (il en est l'éminence)... qu'il critique si attentivement.
J'ai lu votre page de ce jour, Tinh'Y, vous avez raison de l'écrire, la quête de la vérité n'est pas au coeur de la recherche bien souvent, mais plutôt celle de l'adhésion. Le spirituel a tendance à être remplacé par un
spectacle qui s'y substitue habilement. Beaucoup semblent s'en satisfaire.
Et justement on peut à cet égard reprocher à sa sainteté d'avoir été celui qui a fait passer le bouddhisme dans l'ère médiatique, c'est à dire dans celle du spectacle.
Peut-être comme Gorbatchev a élégamment fait disparaître le communisme au profit du modèle capitalistique, sa sainteté le dalai lama est-il venu faire disparaître d'un sourire le bouddhisme au profit de l'ère médiatique ?
Grands chapiteaux, émissions de télévision, livres et surtout initiations géantes de kalachakra à 50 000 personnes, vive la société du spectacle !
La
perversion du lien (entre disciples et avec leurs instructeurs) s'opère peut-être plus facilement dans la mesure où les disciples aujourd'hui ne savent plus trop où ils en sont dans leur dharma. On leur a dit de
croire, d'avoir la foi, d'adhérer, de fermer les yeux à la vérité et surtout de taire toute critique négative. Alors peut-être cela favorise-t-il les dérapages... "ce guide me fait du mal pour mon bien", "ma souffrance est une purification", "c'est mon karma", "le nirvana est au bout du chemin". C'est aussi cela
le spectacle, une série d'images
implantée qui se
substitue à nos vraies impressions intérieures et qu'on apprend à
laisser prendre le contrôle.