Bonsoir Im,
Tout un passé de défrichage, tout d'abord dans le vaste domaine de la croyance et de la crédulité. Ce qui est dû, en grande, partie au défaut de la jeunesse et donc un excès de fraîcheur et de naïveté. Surement un passage obligé, d'autant qu'à l'époque tout l'envirronnement était fait pour nous bercer d'illusions.
A présent on a la possibilité d'être rapidement informé ou tout du moins d'obtenir facilement d'autres sons de cloche ce qui peut permettre de s'extraire d'une ornière plus ou moins boueuse. Mais tout dépend bien sûr de la constitution de l'individu qui sera plus ou moins enclin à s'envoler ou à garder les pieds sur terre. Mais le défaut de notre époque est que les étals des hypermarchés de l'offre spirituelle regorgent de produits de toutes sortes. D'une certaine façon ce n'est pas plus facile pour celui qui rêve de transcendance, d'immanence et de choses subtiles de l'esprit !
Pour ce qu'il restera des robes dont on parle, le tournant est déjà amorcé.
A savoir que de plus en plus d'indépendants s'installent, j'endends des anciens ayant reçu une certaine formation, ayant vu où le système tibétain - entre autres - risquait de mener et font à présent leur petite popote qui a un goût plus ou moins Kascher selon le point de vue d'où l'on se place. Pour bon nombre, il n'est pas question de lâcher le système de base car il s'est, en quelques sortes, imprimé en eux. Ils ne peuvent que prendre leur distance et une certaine autonomie extérieure sans pour autant sacrifier rituels et pratique.
Ceux qui ont baigné dans une marinade moins concentrée ouvrent soudainement les yeux directement sur la qualité des moyens fournis et les promesses utopiques proposées.
A propos de l'utilisation malencontreuse des rituels tantriques dans le but de l'obtention de pouvoirs, cet objectif est très courant dans le monde tibétain. On nous dit que la motivation compte, mais l'on comprend que, même si lon veut s'octroyer les moyens et les meilleures conditions d'existence dans le but merveilleux de s'illuminer ou devenir un grand bodhisattva, une grande partie de son temps peut-être consacrée à ce type d'activité. Les légataires ayant montré leur force et capacité en endurant des retraites de trois ans. Sont aussi entraînés dans cette voie.
Sans rien vous apprendre, Im, déjà à un niveau basic on peut s'apercevoir qu'un simple rituel de tara verte comprend une partie qui sera dédiée à des mantras qui apporteront, pour chacun, un "bénéfice" bien spécifique...richesse, amour, prospérité, éradication de peurs diverses, etc. Il suffit de s'engager un peu intensément et on nous promet que les souhaits particuliers vont se réaliser. Il faut savoir qu'il y a des protecteurs particuliers, par exemple pour l'obtention de la richesse matérielle, comme
namtösé chez le kagyu (vous savez celui qui tient une mangouste qui crache des joyaux). Et il existe, une fois que l'on pénètre les arcanes de la langue tibétaine, des découvertes époustouflantes, qui ont trait à des strates bien moins reluisantes de cette précieuse voie, tant par leur demande que par le développement de la fameuse motivation, dont il était question plus haut. Il est aussi facile de couvrir tout cela de la brume dont on use dans le milieu : celui de l'écran du symbolisme que l'on s'empresse de rattacher à la destruction des voiles qui empêchent l'émergence des qualités de l'esprit. Un autre bouclier est aussi la lecture des textes à un 2ème et 3ème niveau de compréhension (bien entendu de plus en plus subtils).
Dordjé shugden est véritablement révéré pour ces capacités à asseoir une suprématie sur les opposants (qui sont désignés par ceux qui l'invoquent), sa capacité à octroyer richesse et puissance. Il malencontreusement fait état de retours de manivelle pour celui qui intérromprait, même pour un court laps de temps, son engagement quotidien en offrandes et prières : la folie et la maladie le guettent au tournant. Et il y a encore bien d'autres pratiques de ce genre.
Donc, aucun doute, beaucoup d'énergie est utilisée à toutes ces affaires relevant de haut buts pour l'élévation dans les terres de bodhisattva. Ca, plus les niveaux de vampirisme spirituel auxquels vous faisiez allusion et la vie du pratiquant tantrique est bien remplie.

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